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  Les Artistes du vitrail
Différentes dénominations sont données aux artistes que nous nous proposons d'évoquer dans ce chapitre de notre histoire de la reconstruction picarde.
 
Maitre verrier, peintre sur verre, vitraillistes, mosaïstes, décorateurs verriers, ce furent tous les mêmes qui, pour notre plus grand bonheur décorèrent nos églises, et notre patrimoine rebâti, avec tant de patience et de détermination.
 
La chance nous sourit car ils ont laissé sur leurs œuvres leur signature, et parce que des traces écrites subsistent, ce qui n'est pas toujours le cas.
En outre ils furent nombreux, d'autant que le travail était immense, en rapport avec les destructions subies.
 
Ne pouvant tous les détailler, quelques noms sont mis ici en exergue, mais tous méritent notre souvenir et notre reconnaissance.
 
Richard Burgsthal à Rollot,
Roger Desjardins à Erches,
R Lefevre à Montdidier, Hargicourt, Caix, Piennes,
Pierre Turpin à Braches, Cantigny, Coullemelle,
D Darquet à Braches, Fontaine, Warsy,
Jean Gaudin dont nous parlons par ailleurs à Grivesnes, Bus la Mézière, Gratibus,
Barillet, Le Chevallier, Hanssen à Remaugies, Onvillers, Faverolles,
Jacques Damon à Courtemanche, Bouillancourt,
Jacques Grubert à Assaivillers, Bécquigny, Mondidier,
Georges Tembouret à Villers tournelle, Rubescourt.
 
 
Louis Barillet, Jacques Le Chevalier, Théo Hanssen
Louis Barillet a occupé pendant l'entre-deux guerres, au même titre que Gruber, une place très importante dans l'évolution de l'art du vitrail.
Animateur des "Artisans de l'autel", et collaborateur à la revue l'Art Sacré, il a publié de nombreux articles sur le travail du vitrail; dans les années vingt, il s'était entouré de collaborateurs de grand talent avec Jacques Le Chevalier (en 1920), Theo Hanssen (en 1923), et collaborait avec Robert Mallet-Stevens, architecte de renom.
 
Comme Gruber que nous vous présentons par ailleurs, il a su infléchir les techniques et les méthodes de travail, introduisant dans ses productions des verres dépolis ou gravés avec des jets de sable, ne négligeant pas ainsi les cotés techniques ou esthétiques de son art.
 
Si le vitrail civil a fait partie du travail de nos artistes, autour de Mondidier, nous pouvons à loisir admirer leurs oeuvres religieuses, tant d'égises ayant été reconstruites.
Grivillers, Faverolles, Remaugies, Onvillers, Rollot possèdent des verrières de cet atelier, qui ne demandent qu'à se faire admirer.
 
 
Jacques Gruber (1870-1936)
Après des études à l'Ecole des Arts-Décoratifs, puis à celle des Beaux-arts de Paris, Gruber s'initie à la peinture chez Gustave Moreau. Il entre ensuite chez Daum comme chef décorateur, et enseigne aux Beaux-arts de Nancy.
Les verrières ne sont pas son seul champ de travail, puisqu'aussi les meubles et les couvertures de livres font partie de ses oeuvres.
Passionné de l'art nouveau, il crée en 1904 son propre atelier de vitrail, et travaillera beaucoup pour des réalisations civiles, la brasserie Excelsior, le Crédit Lyonnais, les Magasins Réunis par exemple.
 
Il y mettra en oeuvre des spécifictés de travail, avec la technique de la mosaique intégrale, où l'armature de plomb se mêle aux verres colorés, et à leur multiplication, conduisant à une image occupant la totalité de la surface de la verrière.
 
A la suite de la Grande Guerre, il sera conduit à travailler pour les églises détruites, et Montdidier possède ainsi de remarquables verrières traitant de l'ancien testament et des croisades.
Elles ont été sauvées de la destruction de la Seconde Guerre mondiale, et peuvent ainsi être admirées à l'église du Saint-Sépulcre.
 
Assainvillers, Grivillers, Etelfay, Bécquigny pour ne citer que les villages les plus proches, ont eu recours, lors de la reconstruction de leurs églises à cet artiste qui à la fin de sa carrière s'était évidemment tourné vers l'art déco.
 
Ref: école de nancy.com